La riposte du Général PDF Imprimer Email
29 mai :
De Gaulle disparaît. Conseil des ministres annulé, Madame et le général sont, dit-on, partis pour Colombey-les-deux-églises. Mais l'on apprend qu'en fait ils n'y sont pas. Où sont-ils donc ? Nul, paraît-il, ne le sait. Dans l'après-midi, à Paris, manifestation à l'appel de la CGT. De Gaulle arrive chez lui, à Colombey, le soir. Mais qu'a-t-il fait entre temps ? Où est-il allé ? Journée d'interrogations multiples. Et de tractations.

30 mai :
Depuis les accords de Grenelle, refusés, les négociations se déroulent branche par branche, secteur par secteur, mais difficilement, tant « les ouvriers », « les travailleurs » renaclent à reprendre le travail, malgré les efforts des syndicats, au grand dam des « gauchistes ». A 16h 30, allocution radiophonique de de Gaulle, voix plus ferme que le 24 mai. « Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas" dit-il en annonçant qu'il repousse le référendum, qu'il dissout l'Assemblée nationale, que des élections seront organisées en juin. Le soir, manifestation des gaullistes (André Malraux, Michel Debré en tête) de la Concorde à l'Arc de Triomphe. C'est un autre public que dans toutes les manifs qui se sont déroulé depuis un mois, bérets rouges de parachutistes, médailles d'anciens combattants sur les poitrines, écharpes tricolores, costumes trois pièces, foulards Hermés... On apprend aussi que de Gaulle, le 29 mai, était allé en Allemagne, à Baden-Baden, rencontrer le général Massu et s'assurer de la loyauté de l'armée.

1er juin :
C'est le week–end de la Pentec&ocric;te. Miraculeusement l'essence est revenue. Ceux qui le peuvent partent à la campagne ou au bord de la mer. Remaniement du gouvernement. Manifestations à l'appel de l'UNEF. A Paris, elle va de la gare Montparnasse à la gare d'Austerlitz. On crie encore « ce n'est qu'un début... » mais il est difficile d'y croire...

3 juin et journées suivantes :
Le travail reprend avec, ici ou là, des poches de résistance. Peu à peu tout redevient « normal », les transports, les magasins, les théâtres, la circulation des automobiles.. : Côté facultés, c'est toujours l'occupation, mais les rangs s'amenuisent.