L'impossible alternative politique PDF Imprimer Email
22 mai :
le gouvernement interdit à Cohn Bendit, parti à Berlin, de revenir en France. La gauche (dépassée aussi par la situation) ne sait que déposer une motion de censure à l'Assemblée nationale.

23 mai :
Fermeture des musées. A Saint-Brieuc des paysans fraternisent avec des ouvriers en grève, dans l'Allier des barrages sont mis en place par des paysans « en solidarité avec les étudiants et les ouvriers ». Annonce par les syndicats qu'ils sont prêts à négocier.

24 mai :
A Paris rassemblement à l'appel de l'UNEF gare de Lyon. Les slogans : « Les usines aux travailleurs », « Nous sommes tous des juifs allemands », « Le pouvoir est dans la rue », « Ouvriers étudiants solidaires ». A 20 heures, dans son intervention radiotélévisée, le président de la République parle de réforme, de mutation nécessaire, annonce un référendum, dit qu'il partira si les Français répondent non. Mais les milliers de manifestants rassemblés crient en agitant leur mouchoir : « adieu de Gaulle, adieu ! ». A Paris, nuit de violences, manifestations diverses, dispersées et reconstituées, le Palais Brongniart en flammes, barricades dans différents quartiers, arbres arrachés, voitures incendiées, nombreux blessés, arrestations... Au coeur de la nuit, l'archevêque de Paris, monseigneur Marty et Pierre Mendès France se rendent à la Sorbonne au chevet des blessés.

25 mai :
Les réactions aux violences de la nuit sont multiples. Nombeux témoignages sur les comportements de la police, dans les hôpitaux, les fourgons, les commissariats. Christian Fouchet, ministre de l'intérieur, parle, lui, de « la pègre, sortie des bas-fonds de Paris, qui se dissimule derrière les manifestants ». Sous la présidence du Premier ministre, Georges Pompidou, ouverture des négociations, rue de Grenelle.

27 mai :
Pompidou annonce à la radio, tôt le matin, la signature d'un « compromis » (augmentation du SMIG, augmentation des salaires, baisse du temps de travail, projet de loi sur l'exercice du droit syndical... »). Coup de théâtre : les ouvriers de Renault-Billancourt sifflent Séguy et Franchon venus, au nom de la CGT, présenter « les accords de Grenelle », refusent le compromis et décident la poursuite de la grève. Dans les autres usines aussi, et dans toute la France, la grève avec occupation continue. Dans Le monde du soir Pierre Viansson Ponté se demande si l'on va « passer d'une grave crise nationale à une situation révolutionnaire ». Le même soir, rassemblement au stade Charléty à l'appel de l'UNEF, du PSU avec présence de Pierre Mendès France que certains verraient bien comme « solution » politique. « Tout est possible » déclare André Barjonet, expression qui sera largement reprise par la presse du lendemain.

28 mai :
François Mitterrand annonce sa candidature à la présidence de la République et l'éventuelle formation d'un gouvernement provisoire dont la direction pourrait être assurée par PMF.