Les manifestations étudiantes PDF Imprimer Email
Vendredi 3 mai :
La police pénètre dans la cour de la Sorbonne alors qu'un meeting est organisé pour protester contre la fermeture de Nanterre, et la convocation de plusieurs étudiants devant un conseil de discipline. Les « leaders » sont là : Daniel Cohn Bendit, Alain Krivine, Jacques Sauvageot et quelques autres, entourés puis embarqués par la police. Au total 574 personnes interpellées et conduites au centre d'identification de Beaujon.
Une manifestation de protestation se déclenche alors, faite de ceux qui ont quitté la Sorbonne avant, ou qui étaient dans les rues et les cafés alentour. Les slogans fusent : « libérez nos camarades », « A bas la répression »... Coups contre les voitures de police, lacrymogènes, premiers pavés lancés, matraquages dans les cafés, les rues, poteaux arrachés, barrages, mini-barricades, violences policières inhabituelles qui suscitent en retour une violence pas vue depuis la guerre d'Algérie... La Sorbonne est fermée sur décision du Recteur Roche... Les étudiants arrêtés sont relâchés dans la nuit.

Du lundi 5 au vendredi 11 mai :
Manifestations d'abord au Quartier latin avec dépavage des rues, barricades, affrontements avec la police, chaque jour le périmètre s'élargit, les troupes grossissent. Violences et détermination des manifestants, brutalités policières, arrestations, dizaines puis centaines de blessés. mais le « mouvement des enragés » avec son slogan martelé en frappant des mains « ce n'est qu'un début continuons le combat », s'il fait la « Une » des journaux (on ne disait pas encore des médias !), reste étudiant et presque exclusivement parisien. Ses objectifs sont apparemment limités : libération des manifestants arrêtés, réouverture de la Sorbonne et de Nanterre. La manifestation du mercredi ira jusqu'à l'Etoile. C'est la nuit dite « des barricades », celle du vendredi 10 mai au samedi 11 qui provoquera l'élargissement : nuit d'affrontements violents au quartier latin, avec les « célèbres » barricades de la rue Gay-Lussac, grenades offensives, voitures brûlées, arbres arrachés, manifestants et policiers blessés, CRS qui entrent dans les cafés, les immeubles, les appartements, affrontements qui durent jusqu'au petit matin. La France se réveille avec ces informations.

11 mai :
Le Premier ministre Georges Pompidou, rentré précipitamment d'Afghanistan, décide la réouverture de la Sorbonne, et même la libération des étudiants condamnés au cours des derniers jours. Mais l'appel à la grève générale a été lancé par les syndicats et les partis de gauche.