Tout commence le 22 mars à Nanterre... PDF Imprimer Email
L'affaire, côté étudiants, est d'abord nanterroise : mouvements divers à l'université de Nanterre, une fac récente construite dans un quartier non traditionnellement universitaire, à la différence du Quartier latin, pour faire face à l'afflux d'étudiants (mais on est très loin de la massification de l'enseignement supérieur des années 90). Mouvements alimentés par les « gauchistes » et qui se focalisent sur différentes revendications, déjà depuis l'automne 1967 contre la réforme de l'enseignement supérieure élaborée par Christian Fouchet, ministre de l'éducation, contre la vie sur le campus, contre la séparation garçons-filles etc. A partir de janvier 68, contestation permanente mise en oeuvre par une « minorité active » de « gauchistes » (appellation à venir) avec interruption des cours, interpellations des professeurs, meetings... Un certain Daniel Cohn Bendit en est le leader.

Le 22 mars, des militants des comités Vietnam sont appréhendés chez eux, au petit matin, un militant de la JCR, connu à Nanterre, l'a été la veille au soir dans le cadre d'une enquête « concernant la sécurité publique ». Dans l'après-midi du 22, à Nanterre, se tient une AG pour organiser la riposte « contre la répression ». La Tour, soit le bâtiment administratif, est occupée, y compris la salle du conseil, au dernier étage. D'où le « mouvement du 22 mars » qui regroupe situationnistes, guevaristes, trotskistes, anarchistes, inorganisés... Qui est une mouvance, un « mouvement » et peu une organisation. A partir de ce jour, agitation permanente sur le campus de Nanterre, incidents divers qui aboutissent à la décision de fermer la fac.